Sénégal : Le journaliste condamné pour avoir publié de faux cas d’Ebola soutenu par sa rédaction

Sénégal : Le journaliste condamné pour avoir publié de faux cas d’Ebola soutenu par sa rédaction

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La condamnation jeudi dernier de Felix Nzalé a suscité un tollé au sein de la communauté des journalistes sénégalais. Le directeur de publication du quotidien La Tribune est reconnu coupable de diffusion de « fausses informations » sur le virus Ebola. Certains de ses confrères déplorent un manque de rigueur et d’éthique mais d’autres, à l’instar des membres de la rédaction de La Tribune, s’inquiètent des répercussions d’une telle condamnation sur la liberté de la presse au Sénégal.

« Alerte : 5 cas d’Ebola au Sénégal ». C’est la Une du quotidien La Tribune du 11 août dernier qui a valu à son directeur de publication une peine d’un an de prison avec sursis assortie d’une amende d’un million de francs CFA. La ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Awa Marie Coll Seck, a rapidement démenti en affirmant qu’aucun cas d’Ébola n’avait jusqu’ici été enregistré au Sénégal.

Cette information « peut mettre notre pays en quarantaine de la communauté internationale et porter d’énormes préjudices aux Sénégalais qui veulent voyager », avait affirmé le département de la Justice dans un communiqué rendu public au lendemain de la Une controversée. « Par conséquent, le Procureur de la République décide de donner une suite judiciaire à cette affaire », pouvait-on lire.

Au cours de l’audience, le 14 août dernier, Félix Nzalé a reconnu les faits devant le juge du Tribunal des flagrants délits de Dakar. « Je suis désolé, je regrette les faits. Je reconnais que l’information est fausse après publication », a-t-il plaidé. Le Syndicat des professionnels de l’information et la communication du Sénégal (Synpics), par la voix de son porte-parole Aly Fall, a témoigné son soutien à Nzalé mais déplore la « légèreté avec laquelle nos confrères ont donné l’information ».

Présent à l’audience, Ibrahima khalilou Ndiaye, le secrétaire général du syndicat a tout de même souligné que « la place d’un journaliste n’est pas en prison », faisant allusion à la garde à vue de M. Nzalé survenue au lendemain de la publication.

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Avec cette condamnation, « c’est la boîte de pandore qu’on ouvre »
De son côté, le groupe D.MEDIA, propriétaire de La Tribune, a réagi à la veille de l’audience pour réaffirmer son soutien à Félix Nzalé et solliciter la clémence des autorités judiciaires. « Le groupe D.MEDIA dans son ensemble, regrette cette situation et demande aux autorités de croire en la bonne foi du journaliste – directeur de publication de La Tribune ». Interrogé le 16 août par seneplus.com, Mame Gor Ngom, rédacteur en chef du journal juge la peine beaucoup trop sévère pour son patron.

Selon lui, « un simple démenti du ministre de la Santé, avant celui du procureur aurait suffi ». Le journaliste redoute, par ailleurs, un impact sur le débat actuel concernant la dépénalisation des délits de presse au Sénégal. « Ce serait une erreur pour les autorités de se fonder sur un jugement ou une erreur d’un journaliste pour ne pas dépénaliser les délits de presse » s’est-il inquiété.

La dépénalisation des délits de presse est l’une des propositions du nouveau code de la presse qui est sur le bureau de l’Assemblée Nationale depuis quatre ans sans jamais être soumis au vote. « Quelle que soit sa faute, on doit condamner l’emprisonnement d’un journaliste pour ses écrits, parce que c’est une boîte de pandore qu’on ouvre », prévient-il.

 

Marie Hélène SYLVA
Paris – Oeildafrique.com

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Marie Hélène Sylva

Marie Hélène Sylva

Journaliste à oeil d'Afrique, basée à Paris (France)


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