Sénégal: les propos de l’ambassadeur de France sur le procès contre Karim Wade font polémique

Jean-Félix Pagano et Karim Wade. / image d'archives

Jean-Félix Pagano et Karim Wade. / image d’archives

L’ambassadeur de la France au Sénégal, Jean-Félix Paganon est accusé d’avoir fait «entorse aux règles diplomatiques». Dimanche, lors d’une émission radiophonique, le diplomate a déclaré, à propos du procès contre Karim Wade, qu’un «non-lieu serait plus étonnant». Du coup, ses déclarations ont irrité les avocats de Karim Wade ainsi que les défenseurs des droits humains, car la justice doit donner son verdict, le 23 mars 2015.

«Je dirais, qu’à l’inverse, qu’un non-lieu serait plus étonnant. Ce n’est pas un souhait, mais un sentiment», répond Jean-Félix Paganon à l’animateur de l’émission, qui lui demandait : «au regard du déroulement du procès, une condamnation de Karim Wade ne vous étonnerait pas ?»

Cette sortie du diplomate est très controversée. Pour Me Elhadj Amadou Sall, «Jean-Félix Paganon a tenu des propos qui, incontestablement, vont contribuer à créer durablement un sentiment anti-français tant ils sont irrévérencieux et irrespectueux ». Avocat de Karim Wade, fils de l’ex-président jugé pour enrichissement illicite présumé, Me Sall estime que Jean-Félix Paganon a raté une belle occasion de se taire.

Mayoro Faye, le chargé de la communication du Parti démocratique sénégalais (Pds) assimile les déclarations de l’ambassadeur «à une parfaite immixtion aux affaires intérieures du Sénégal, (qui) révèle aussi, cette volonté de Macky et de ses complices à liquider un adversaire politique redoutable en 2017».

Tandis que Maître Assane Dioma Ndiaye, Président de la Ligue Sénégalaise des droits de l’homme avance que la sortie de Jean Félix Paganon «est une entorse aux règles diplomatiques et singulièrement une violation de l’obligation de réserve qui s’attache à ses fonctions».

Le Procureur spécial de la CREI a requis sept ans de prison ferme, 250 milliards de franc CFA d’amende (plus de 380 millions d’euros) contre Karim Wade et l’application de l’article 34 du code pénal sénégalais qui prévoit une interdiction de droits civiques d’un prévenu condamné.

Le verdict est attendu le 23 mars 2015.

© OEIL D’AFRIQUE


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