Sénégal: Le navire Aline Sitoé Diatta mise sur la sécurité pour faire oublier le drame du Joola, 12 ans après

Sénégal: Le navire Aline Sitoé Diatta mise sur la sécurité pour faire oublier le drame du Joola, 12 ans après

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Aline Sitoé Diatta

Sénégal: Le navire Aline Sitoé Diatta mise sur la sécurité pour faire oublier le drame du Joola, 12 après. |Archives

Les festivités marquant l’anniversaire du naufrage du bateau Le Joola se déroulent ce 26 septembre au Sénégal. Douze ans après ce drame maritime qui a fait plus de 1800 morts, le navire Aline Sitoé Diatta mise sur la sécurité pour assurer la desserte maritime Dakar-Ziguinchor.

Conçu pour seulement transporter 550 passagers, le bateau «Le Joola» avait à bord près de 2.000 personnes lorsqu’il a sombré le 26 septembre 2002 aux larges des côtes gambiennes, causant la mort de 1863 morts. Il assurait la liaison maritime Dakar-Ziguinchor.

Douze après ce naufrage, le navire Aline Sitoé Diatta (ASD) a fait le pari de la sécurité pour faire oublier ce douloureux accident. En six ans d’activités maritimes, le directeur du Consortium sénégalais d’exploitation des activités maritimes (COSAMA), Abdou Salam Kane affiche le sourire:

«ASD a transporté 483 175 passagers en 579,5 rotations, soit un volume de 1159 voyages effectués entre Dakar et Ziguinchor. 67 697 tonnes de marchandises ont été acheminées par le navire entre Dakar et Ziguinchor». C’est le COSAMA qui gère l’exploitation du navire acquis grâce à une coopération multilatérale entre le Sénégal, l’Allemagne et certaines institutions bancaires européennes.

Si l’on sait que «Le Joola» a sombré à cause de problèmes liés en grande partie à une défaillance humaine, la gestion du navire ASD est plutôt axée sur la sécurité aussi bien des passagers que sur le bateau lui-même.

«La sécurité commence dès l’achat du billet. Quand un client vient acheter un billet, il y a un système informatisé mis en place appelé e-ticketing, élaboré avec des procédures permettant de vendre des billets aux passagers et d’enregistrer leurs prénoms, nom, numéro de téléphone et pièce d’identification, la place attribuée», explique Abdou Salam Kane.

Selon lui, une opératrice qui veut éditer un nouveau billet, ne pourra jamais y arriver parce que le système a atteint le seuil autorisé pour la vente des 490 titres de voyage. «Donc, avec ce système, on ne peut plus émettre un 491ème billet commercialisé», affirme-t-il.

Mais, il faut noter que le navire a d’autres places autorisées parce que son équipage fait entre 40 et 50 personnes composées d’un notaire, des restaurateurs, des managers, du personnel de police et de la gendarmerie… Le navire est également soumis à des arrêts techniques périodiques couteux.

«Chaque arrêt technique nous coûte 150 millions francs Cfa par an. Tandis que l’arrêt technique pour avoir un nouveau certificat du navire pour une durée de cinq ans, a coûté près de cinq cents millions francs CFA sans compter les dépenses mensuelles en gas-oil, en plus des salaires des marins et des sédentaires, les commissions d’existence, les frais  portuaires à Dakar et Ziguinchor», énumère Abdou Salam Kane.

Le navire est aussi signataire de plusieurs Conventions internationales dans le domaine de la navigation maritime internationale (Marpol et Salas). Et lorsqu’il jette l’ancre, son itinéraire est suivi jusqu’à son arrivée par la Marine nationale par le biais de systèmes appelés G-track et Tracking-phobic.

«Le tracking-phobic consiste à donner notre position durant toute la durée de voyage jusqu’à l’embouchure à la base navale de Elinkine, qui prend le relais pour escorter le navire jusqu’à son arrivée à Ziguinchor. Le G-track permet de traquer et de déterminer les différentes positions du navire de Dakar à Ziguinchor», explique le directeur d’exploitation d’ASD.

Toutefois, il ya deux ans, le navire avait subi deux incidents sans faire de victime. Mais, certains passagers se plaignent souvent de la cherté du ticket de voyage.

«Ok, on peut dire vendons le billet à trois mille ou quatre mille, mais les conséquences: adieu les arrêts techniques ! On doit changer la manière de raisonner en disant que ‘je paye le prix d’un voyage sécurisé et confortable, plutôt que de payer trois ou quatre mille francs pour rester dans des doutes quant à mon départ ou arrivée à destination», lance Abdou Salam Kane.

Baba Mballo
© OEIL D’AFRIQUE

 

Baba Mballo

Baba Mballo

Journaliste à oeil d'Afrique, basé à Dakar (Sénégal)


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1 commentaire

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  1. John
    John 26 septembre, 2014, 13:06

    ASD est un chef-d’oeuvre. Super !

    Répondre à ce commentaire

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