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Signature de l’accord pour la paix et la réconciliation : Jour de vérité à Bamako ?

Les Maliens se sont mobilisés ce 15 Mai 2015, jour mémorable qui devrait marquer un tournant majeur dans l’agenda politique et économique de toute une nation.

Abdoulaye Diop. Signature accord d'Alger de paix. Image: Farouk Batiche/AFP

Abdoulaye Diop. Signature accord d’Alger de paix. Image: Farouk Batiche/AFP

En proie à de récurrents soubresauts des années durant, le nord Mali vit encore une sorte de mélodrame. Engagées dans un processus de sortie de crise, le gouvernement malien et les mouvements touaregs, après d’intermittents pourparlers, ont paraphé l’accord de paix d’alger jeudi dernier. Tel un vœu pieu d’aller vers la reconstruction nationale adossée sur le viatique du dialogue et de la réconciliation, la cérémonie de signature de l’accord de paix ce vendredi cristallise l’attention des maliens dont les regards étaient tournés vers le centre de conférence de Bamako dans l’espoir d’un retour définitif à la paix au nord du pays .

La preuve, la salle des 1000 places du centre international de conférences de Bamako qui a abrité l’événement a refusé du monde. Pari relevé pour l’Etat qui a sorti la grosse artillerie tot le matin. Toutes les couches sociales ont été représentées, des présidents des partis politiques de l’opposition, ainsi que ceux favorable au pouvoir étaient tous présent. De Soumaila Cissé, chef de file de l’opposition, à Tiébilé Dramé, Modibo Sidibé, pour ne citer que ceux-là, tous ont répondu à l’appel à l’unité nationale. Les ressortissants des régions du Nord du Mali ont également massivement effectué le déplacement, les notabilités, chefs traditionnels, autorités religieuses… en plus de 12 chefs d’Etats et 22 pays invités qui ont pris part à la cérémonie ;

Rebelote, la fête tourne en eau de boudin, puisque les gros ténors des mouvements touaregs ont été les grands absents.

Ces derniers qui avaient annoncé déjà la couleur au raout d’alger jeudi dernier, ont tout simplement boycotté la signature de l’accord. Mais il faut rappeler qu’ils avaient indiqué ne pas pouvoir l’avaliser, réclamant le 17 mars dernier, l’introduction d’une série d’amendements, une exigence rejetée par la médiation comme par Bamako.

Le texte prévoit la création d’Assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au suffrage universel direct, mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni fédéralisme et ne reconnaît l’« Azawad », nom par lequel les rebelles désignent le nord du Mali, que comme une« réalité humaine », sans contenu politique.

La CMA réclame la « reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique », la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de « 80 % de ressortissants de l’Azawad » dans les forces de sécurité de la région.

L’accord a été certes signé entre l’Etat malien et tous les autres représentants sauf la CMA. Ce boycott de la CMA saborde du coup l’applicabilité dudit accord. Bamako a gagné en timing mais, la CMA et les autres organisations politiques tiennent les cartes en main en tirant les ficelles.

Clarisse Njikam, depuis Bamako


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