Soudan du Sud : Les combats deviennent rudes, la crise alimentaire s’aggrave de plus en plus

Soudan du Sud : Les combats deviennent rudes, la crise alimentaire s’aggrave de plus en plus
Des soldats de l'armée du Soudan du Sud

Image d’archive|Des soldats de l’armée du Soudan du Sud|DR

Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde se plonge de jours en jours dans une crise humanitaire plus dramatique avec les intenses combats. Les affrontements entre les forces loyalistes au président Salva Kiir à celles de l’ancien vice-président Riek Machar ont repris ces derniers jours et ont provoqué une « catastrophe » pour les civils. Vendredi dernier, l’ONU a dénoncé la situation et accuse le gouvernement et les rebelles de rendre une situation horrible encore bien pire.

L’armée sud-soudanaise a lancé fin avril une des plus importantes et violentes offensives contre les rebelles après quelques mois d’accalmie relative. Des combats ont repris pour le contrôle des réserves pétrolières.

Les rebelles ont de leur côté lancé une contre-attaque toute aussi violente, prenant d’assaut Malakal, capitale en ruine de l’État du Haut-Nil (au nord-est du pays) et porte d’accès aux derniers puits de pétrole encore en activité.

Les images des combats montrent des hommes armés de lance-roquettes juchés sur des pick-ups, applaudissant lorsque les mitrailleuses lourdes installées à l’arrière lâchent une rafale. Au moins trois barges blindées équipées de canons anti-aériens, utilisées pour le transport de troupes sur le Nil, apparaissent en flammes, tandis que des soldats sur la rive les arrosent de balles et d’obus.

Vendredi dernier l’armée avait repoussé les rebelles de la ville proche de Melut (dans le même Etat). Dans la foulée, un communiqué de la présidence sud-soudanaise a affirmé que cet État du Haut-Nil, avec « ses citoyens et ses champs pétroliers », avait été « libéré des rebelles et de leur allié local Johnson Olony ».

Les organisations humanitaires et la communauté internationale dénoncent une « catastrophe entièrement créée par l’homme ». Zeid Ra’ad Al Hussein, le responsable des droits de l’Homme pour les Nations unies a relevé que les Sud-Soudanais « souffrent absurdement dans une catastrophe entièrement créée par l’homme ».

La guerre civile qui a éclaté en décembre 2013 dans le pays, lorsque le président Salva Kiir a accusé son ancien vice-président Riek Macharde fomenter un coup d’État, ont fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés.

De son côté, Médecins sans frontières (MSF) déplore la recrudescence des combats au Soudan du Sud s’accompagne de violences contre les populations civiles et entrave le déploiement de l’aide humanitaire dont la population a pourtant désespérément besoin dans les trois États où se concentrent les combats. Il s’agit des Etats de l’Unité, du Haut-Nil et de Jonglei.

Le MSF a dû abandonner son hôpital de la ville de Leer dans l’État d’Unité (au nord) toujours aux mains des rebelles jusqu’à cette semaine, pour se replier sur les bases des Nations unies à Malakal et Melut.

Vendredi, l’ONU a accusé l’armée et les rebelles d’avoir tiré sur sa base et exigé que les responsables soient sanctionnés. En effet selon l’ONU, vingt-deux obus sont tombés en deux jours, tuant huit civils.

« On a contacté le gouvernement sud-soudanais et les partisans de l’ex-vice président Riek Machar pour leur demander de cesser de cibler les locaux de l’ONU et les sites de protection des civils et leur rappeler que de telles pratiques sont contraires aux lois humanitaires internationales. Les commandants des deux camps « savent où se trouvent ces sites de protection », a Edmond Mulet, un haut responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

C’est ainsi que les problèmes alimentaires deviennent de plus en plus graves. Amnesty International a dévoilé vendredi une enquête faisant état de violences extrêmes au Soudan du Sud. De même, les civils qui parviennent à échapper aux combattants restent en grand danger, arrachés à leurs foyers et privés de tout. Plus de la moitié des 12 millions de Sud-Soudanais dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire, dont 2,5 millions souffrent de problèmes alimentaires graves.

La faute à l’échec de tous les cessez-le-feu. Le seul espoir de cessation des combats réside dans l’arrivée de la saison des pluies, qui dure en principe d’avril à octobre et rend généralement les routes impraticables aux véhicules militaires.

© OEIL D’AFRIQUE

 


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