Syrie: Le discours de guerre refait son apparition en Occident

Syrie: Le discours de guerre refait son apparition en Occident

François Hollande au sommet de l'Otan à Chicago (20 mai 2012) © TF1/LCI

En envisageant une intervention armée en Syrie sous l’égide de l’ONU, le président français a remis au goût du jour le discours de guerre, énergiquement rejeté par Moscou et Pékin, d’où un nouveau bras de fer entre les deux parties au Conseil de sécurité. 

Réagissant aux déclarations de François Hollande, qui a estimé mardi qu’une “intervention armée n’est pas exclue” en Syrie, après le “massacre” de Houla, à condition qu’elle se fasse “après délibération du Conseil de sécurité des Nations unies”, Moscou a jugé hier “prématurée” toute nouvelle action de l’ONU contre la Syrie et a condamné le renvoi “contreproductif” des ambassadeurs syriens. “Nous estimons que l’examen au Conseil de sécurité de l’ONU de toute nouvelle mesure pour influer sur la situation est prématuré”, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov à l’agence russe Interfax.

Il a souligné : “Nous avons toujours dit que nous sommes contre toute intervention extérieure dans le conflit syrien parce que cela ne fera qu’aggraver la situation pour la Syrie et la région et aura des conséquences imprévisibles.” Le diplomate a déclaré que “la déclaration à la presse du président du Conseil de sécurité de l’ONU concernant les évènements tragiques à Houla « avait été » un signal assez fort pour la partie syrienne et représente une réaction suffisante du Conseil de sécurité de l’ONU”.

Pour en revenir aux déclarations du chef de l’État français, il a nuancé ses propos en soulignant qu’“il faut aussi trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire. La pression doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar Al-Assad. Nous devons trouver une autre solution”. Il a également indiqué : “Il y a des sanctions à prononcer, elles doivent être renforcées. J’en parlerai au président Poutine puisqu’il vient à Paris vendredi. C’est lui, avec la Chine, qui est le plus en retrait sur ces questions de sanctions. Eh bien nous devons le convain-cre que ce n’est pas possible de laisser le régime de Bachar Al-Assad massacrer son propre peuple.” Ainsi, les Occidentaux qui ont durci mardi leur position à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, Européens et Américains annonçant l’expulsion des représentants diplomatiques syriens dans leurs capitales en représailles au massacre de Houla qui a fait 108 morts, accroissent la pression en recourant à un “discours de guerre”. Par ailleurs, des  diplomates russes ont par ailleurs critiqué la déclaration du président français François Hollande, qui a envisagé mardi soir une intervention armée sous mandat de l’ONU en Syrie.

Le président français doit rencontrer demain son homologue russe Vladimir Poutine qui effectuera une visite en France.

Un autre vice-ministre des Affaires étrangères, Andreï Denissov, a estimé que la déclaration de François Hollande avait été dictée par des “émotions”. “Parler d’une intervention extérieure c’est plutôt la manifestation d’émotions politiques que d’évaluations, d’une analyse ou d’une approche pondérée”, a indiqué le diplomate cité par les agences russes.
“Il faut se poser la question – et après ?”, a-t-il poursuivi. Pour rappel, la Russie a été très critiquée ces derniers mois pour avoir fait obstruction au Conseil de sécurité de l’ONU à des résolutions occidentales blâmant le régime de Damas. Moscou a aussi continué à livrer des armes à son allié de longue date en dépit des craintes qu’elles soient utilisées dans la répression contre la population civile. Le Conseil national syrien, principale coalition de l’opposition, a estimé hier que la position de la Russie encourageait le régime syrien à commettre des “crimes sauvages”.

Merzak Tigrine 



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