Togo : 10 après l’Accord politique global, les réformes majeures toujours attendues

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Le Président togolais Faure Gnassingbe

Le Président togolais Faure Gnassingbe

Signé le 20 août 2006 à Lomé après de rudes négociations aux lendemains de l’élection présidentielle meurtrière de 2005, l’Accord Politique Global (APG) vient de boucler sa première décennie. A l’heure du compte, les acteurs sociopolitiques dressent un bilan assez mitigé pour le fait que les réformes politiques majeures attendues n’ont jamais été faites. Il s’agit des réformes constitutionnelles et institutionnelles ayant trait à la limitation des mandats présidentiels, au mode de scrutin à deux tours et la recomposition de plusieurs institutions de la République.

A la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), même si on reconnaît que l’opposition a commis des erreurs dans le processus de mise en œuvre de l’APG, c’est au pouvoir en place qu’on attribue la plus grande responsabilité.

Pour Brigitte Adjamagbo-Johnson, patronne de cette formation politique, l’opposition togolaise fait tout ce qui est politiquement acceptable, mais se heurte systématiquement à la mauvaise foi du régime.

« Il est inacceptable qu’une poignée d’individus conduisent notre pays à l’abîme en voulant confisquer coûte que coûte le pouvoir d’Etat. Légitimer ce pouvoir, même en organisant des conférences internationales dispendieuses, devient finalement le seul souci du régime, ceci au détriment de la recherche du bonheur des togolais », a dénoncé la Secrétaire générale de la CDPA.

Jean-Pierre Fabre et le Combat pour l’Alternance politique (CAP 2015) ne reconnaissent aucune responsabilité dans l’absence des réformes. Pour eux, seul le pouvoir est responsable de la situation. « Depuis 10 ans, le régime en place bafoue les aspirations profondes du peuple togolais qu’il tente de contraindre à la résignation », a indiqué le regroupement du chef de file de l’opposition.

Jean-Pierre Fabre et ses collègues indiquent que toutes les réformes politiques et institutionnelles prescrites par l’APG doivent être mises en œuvre pour éloigner définitivement le Togo, le spectre de la violence, les massacres de population et les exactions de toutes sortes.

Les partis comme la CPP, l’OBUTS, le CAR, le NET, l’ADDI ont également appelé le régime togolais à donner un signal fort en ce qui concerne la mise en œuvre des réformes dont le terrain vient d’être déblayé par un forum national.

L’atelier organisé par le Haut-commissariat à  la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) a recommandé un éventail de réformes qui englobe également les réformes concernant la limitation de mandat et le scrutin à deux tours.

Les conclusions du travail du HCRRUN ont été transmises au président togolais, Faure Gnassingbé. Elles devraient servir de base de travail pour une Commission de réflexion sur les réformes qui proposera un texte définitif. L’opposition dénonce une démarche trop longue qui permettra au chef de l’Etat de gagner du temps pour ne jamais mettre en œuvre les réformes ou finalement faire les réformes qui lui conviennent.

Qu’à cela ne tienne, ces réformes majeures sont toujours attendues par les togolais dans leur majorité. En effet, un sondage réalisé au Togo en 2015 par Afrobaromètre révèle que plus de 85% des togolais veulent les réformes constitutionnelles limitant les mandats présidentiels et consacrant un scrutin à deux tours. Ces réformes sont également voulues par 66% des militants du parti au pouvoir (Union pour la République).

© OEIL D’AFRIQUE

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