Union Africaine : le sommet de tous les dangers

Union Africaine : le sommet de tous les dangers
Union Africaine le sommet de tous les dangers

Nkosazana Dlamini vs Jean Ping

Après l’échec du sommet de janvier passé au durant lequel les chefs d’Etat de l’Union Africaine n’avaient pas pu départager les deux prétendants en lice (le Gabonais Jean Ping, président sortant et la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini- Zuma ,ex-épouse de Jacob Zuma et ministre de l’Intérieur de l’Afrique du Sud), l’Afrique se réunit de nouveau les 15 et 16 juillet prochains pour trancher. Enjeux.

En janvier dernier, Jean Ping avait nettement devancé Nkosazana Dlamini- Zuma dans la course à la présidence de la Commission de l’Union Africaine. Mais le candidat gabonais n’avait pas pu recueillir la majorité requise des deux tiers pour être réélu ;car les pays de la SADC eurent recours à la minorité de blocage pour empêcher l’élection de Ping seul candidat resté seul candidat en lice.

C’est dans cette optique que la conférence des chefs d’Etat de l’Union Africaine avait décidé de nommer un panel de chefs d’Etat de huit membres connu sous le vocable du G8 des chefs d’Etats de l’Union Africaine (5 représentants des grandes régions du continent, les présidents de l’Union Africaine (Yayi Bony du Bénin, Ali Bongo du Gabon et Jacob Zuma d’Afrique du Sud) pour trouver une procédure de compromis.

Ce panel s’est réuni à deux reprises à Cotonou sous l’égide du président en exercice de l’UA, Yayi Bony, dans la deuxième semaine de février et de mars. Les deux rencontres ont accouché d’une souris à cause des positions diamétralement opposées entre les pros Ping menés par l’Ivoirien Alassane Ouattara qui a du s’affronter verbalement avec les pros Dilami Zuma soutenus par le Président Sud Africain Jacob Zuma et l’Angola .

Il sied de noter qu’avant même les deux rencontres de Cotonou, l’Afrique du Sud était passée à l’offensive de la campagne pour sa candidate avec un argument sensé faire mouche. En effet, la ministre Sud Africaine des Affaires Etrangères déclarait aux médias dans les coulisses que :

« Depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963, le poste de secrétaire Général de l’OUA tout comme la présidence de la Commission n’est jamais revenue à un représentant de la SADC ».

Jean Ping de son côté rétorquait également que c’est pour la première que l’Afrique Centrale présidait au destinées de l’institution continentale et souhaitait que le principe de la reconduction tacite dévolue à toute institution internationale soit mise en exergue.

Que valent les deux arguments ? L’armature sud-africaine ne résiste pas à l’analyse de l’histoire puisque le Tanzanien Salim Hamed Salim (un citoyen de la SADC) a battu tous les records à la tête de l’Organisation de l’Unité Africaine, en exerçant trois mandats de Secrétaire Général. Du reste, il est rare qu’un candidat ne se fasse réélire dans une grande instance internationale. L’on se rappelle à cet effet, l’opposition dogmatique des USA à la réélection d’un certain Amadou Mahtar Mbow à l’Unesco.

Bref, la présidence de l’UA ne sera pas le seul sujet débattu lors de ce sommet. Initialement prévue à Lilongwe, au Malawi, la rencontre se tiendra au siège de l’institution en Ethiopie, eu égard au fait que la présidente du Malawi ne souhaitait pas accueillir sur son sol le Président Soudanais Omar El Béchir qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI.

L’Union Africaine qui entretient des relations très tendues avec la CPI a préféré faire bloc autour de Béchir et a décidé, à l’unanimité, à de tenir le sommet à son siège statutaire. Par ailleurs, selon des informations concordantes et précises en notre possession, cette sortie hasardeuse du Malawi cache les difficultés financières auxquelles le pays fait face. Les principaux bailleurs de fonds du Malawi, Etats Unis et Grande Bretagne en tête, auraient –ils leur droit de veto dans la politique étrangère du Malawi ?

. Tout compte fais, le prochain sommet s’annonce houleux face à l’impasse et au manque de consensus au niveau du G8 des chefs d’Etats Africains. Selon nos sources, les négociations entre le Gabon et l’Afrique du Sud se sont poursuivies sur le terrain des partis politiques au pouvoir dans les deux pays.

En effet les dirigeants du Parti Démocratique Gabonais(PDG) et du Congrès National Africain(ANC) ont mené des contacts souterrains à Pretoria, Johannesburg et à Libreville en vue d’aplanir les divergences. Invoquant l’histoire et la mémoire des luttes, le PDG a rappelé à l’ANC le rôle panafricain et l’appui multiforme que son président fondateur, feu Omar Bongo, a apporté à ce parti frère dans sa lutte contre l’apartheid.

Les soutiens des uns et des autres

L’ANC, selon les informations en notre possession, a rendu un hommage vibrant au président Bongo mais a signifié à son frère du PDG que Mme Zuma était une personnalité importante et de premier plan en son sein.Ainsi, la prolongation du duel Ping Madame Zuma s’annonce frontale.

En attendant, les deux candidats continuent d’affûter leurs armes ;si Madame Zuma peut compter sur le soutien total de la SADC et des pays bordant l’océan Indien, elle n’a pas encore totalement le soutien des pays de l’Afrique de l’Est et des pays du Nord ;Quant à jean Ping, il peut sans se tromper compter sur le soutien de la Cédéao qui le lui a réaffirmé lors de son dernier sommet de juin passé à Yamoussoukro .Jean Ping peut aussi compter sur le soutien de la Libye de l’Ethiopie mais il s’interroge sur la position de certains pays de Cemac. Mais là aussi, il se dit que Denis Sassou Nguesso œuvre en douce pour une position commune en faveur de Jean Ping. Il subsisterait en effet quelques hésitations du côté du Tchad, de la RCA et de la RDC.

D’autre part, le contexte de l’Egypte et de la Tunisie, voire de la Libye (acquise à Jean Ping) fait dire à certains diplomates en poste à Adis Abeba que l’on est, en direction de ces pays, face à un vrai triangle des Bermudes. Difficile de dire de quel côté souffle le vent dans le triangle du printemps arabe. L’Algérie n’a pas donné de position claire mais semble pour Dilami Zuma avoir les yeux de Chimène, certes indécis. Quant au géant Nigérian, il a opté pour Jean Ping.

L’Afrique du sud qui pendant des années a été un facteur d’unité de l’Afrique pour sa lutte contre l’apartheid est devenu un vecteur de division souligne un haut responsable de la Cédéao qui a requis l’anonymat.

En clair, le prochain sommet de l’Union Africaine serait le sommet de tous les dangers. Le si redouté scénario de blocage n’est pas exclu. Tout compte fait, il est annoncé, en en marge du sommet la tenue d’une autre rencontre du G8, certainement pour demander au groupe des pays soutenant l’un ou l’autres des deux challengers de ne pas recourir à la minorité de blocage.

D’autres point d’achoppements, au-delà de la question de l’élection des instances de l’Union Africaine, seront entre autre, la situation au Mali ,la crise ouvertes entre les deux Soudans, la recrudescence des violences dans l’Est de la RDC, la guerre froide entre le Rwanda et la RDC, le processus de pacification de la Somalie, la crise économique qui frappe l’occident et dont le continent est tributaire ainsi que le prochain somme Chine Afrique…

Par Rodrigue Fénélon Massala

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.



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