WWF critique un projet d’exploration pétrolière en RDC

WWF critique un projet d’exploration pétrolière en RDC
Le WWF a fait campagne vendredi lors de l’assemblée générale des actionnaires de Total contre un projet d’exploration pétrolière auquel participe le groupe français au Congo, qui menace selon l’organisation le parc national des Virunga, dans la région des grands lacs © AFP/Archives Francois Guillot

PARIS – Le WWF a fait campagne lors de l’assemblée générale des actionnaires de Total, vendredi à Paris, contre un projet d’exploration pétrolière auquel participe le groupe en République démocratique du Congo, qui menace selon l’ONG le parc national des Virunga (région des Grands lacs).

La présidente du WWF France, Isabelle Autissier, s’est exprimée à deux reprises lors de l’AG, d’abord via une question écrite qui a été lue par le PDG du groupe Christophe de Margerie, puis en prenant la parole en personne durant la séance traditionnelle de questions-réponses avec l’assemblée.

Rappelant lors de son intervention que « la biodiversité, c’est un peu notre assurance-vie à nous tous sur la planète », elle a exposé les demandes de l’association, qui veut que Total s’engage à ne jamais opérer à l’intérieur d’un parc, ni dans aucun autre site classé au patrimoine mondial de l’Unesco (comme l’est le parc des Virunga), et qu’il suspende ses activités en périphérie, ce qui lui a valu quelques applaudissements.

Ces requêtes figurent également dans une lettre ouverte au PDG de Total publiée le même jour dans le quotidien Libération, et dans des tracts qui ont distribués par des membres du WWF déguisés en gorilles, à l’entrée du Palais des congrès où se déroulait l’AG.

« Total s’est engagé à ce qu’il n’opère pas dans le parc national des Virunga, et comme c’est prévu dans son code d’éthique, Total respecte toutes les lois en vigueur dans les pays où il opère », a répondu le patron du groupe pétrolier à la question écrite.

Il a confirmé que Total entendait mener des activités de prospection en périphérie du parc, rejetant ainsi l’appel du WWF à les suspendre, mais a assuré qu’elles se feraient dans le respect des réglementations locales et internationales. « Total prend ses décisions en respectant les lois en vigueur », a-t-il dit.

Relancé sur ce sujet par Mme Autissier, il a observé que le groupe était loin d’avoir commencé ses activités aux abords du parc, et s’est dit prêt à un « dialogue constructif » sur cette question.

Concernant l’appel à ne jamais intervenir dans un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, il a indiqué ne pas pouvoir donner d’engagement à ce stade mais a promis de fournir une « réponse circonstanciée » au WWF.

Par ailleurs, un représentant d’une autre ONG, Les Amis de la Terre, a également pris la parole durant l’AG, pour décerner verbalement au groupe le « prix Pinocchio du développement durable ». Il l’a aussi interpellé sur un projet d’exploration de sables bitumineux (une forme de pétrole non conventionnelle dont l’exploitation est très controversée) à Madagascar, dans la zone de prospection de Bemolanga, qui menacerait l’environnement et la population.

« J’aime beaucoup Pinocchio, donc ça ne me pose aucun problème », a ironisé le patron de Total, avant de critiquer la démarche de l’ONG, qu’il a accusée de lancer des reproches non étayés. A Madagascar, a-t-il rappelé, Total n’a pas trouvé de réserves suffisantes de sables bitumineux pour les exploiter, au grand dam selon lui des Malgaches, qui voient ainsi s’évanouir des espoirs de retombées économiques.

Il a ajouté qu’avant de quitter l’île, le groupe allait « vérifier » si, à défaut de sables bitumineux, il était possible d’exploiter des hydrocarbures conventionnels à Bemolanga, « dans l’intérêt général » des Malgaches.

© AFP

 


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