Yayi Boni à propos de l’élection de Dlamini Zuma

Yayi Boni à propos de l’élection de Dlamini Zuma
Yayi Boni l’élection de Dlamini Zuma

Le président béninois et président en exercice de l’Union africaine (UA), Thomas Yayi Boni

A l’issue de l’élection de Dlanimi Zuma à la tête de la commission de l’Union Africaine au détriment du gabonais Jean Ping, Les Afriques a recueilli à chaud les impressions de Yayi Boni, président du Bénin qui assure actuellement la présidente tournante de l’union Africaine. Entretien.

Monsieur le Président, la conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de l’UA vient de trancher en élisant Madame ZUMA comme Présidente de la commission en remplacement de Jean Ping. Que pouvons-nous retenir après ce dénouement ?

Président YAYI BONI : Ce que vous devrez retenir cher ami journaliste, c’est qu’il n’ya pas eu de gagnant, il n’ya pas eu de perdant. C’est l’Afrique tout entière qui a gagné. Maintenant, nous avons une Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Madame Zuma, qui va prendre les destinées de cette institution qui est notre bras opérationnel. Nous avons réélu également le vice-président qui, d’ailleurs, a été plébiscité. Il a obtenu 50 voix des suffrages exprimés car 3 pays sont suspendus comme vous le savez (Mali, Guinée Bissau et Madagascar).

Une fois terminée cette élection, les Ministres des affaires étrangères vont maintenant procéder à l’élection des commissaires. Car nous, les chefs d’Etats, nous élisons le Président et le Vice-président de la Commission parce qu’il y a à ce niveau des considérations géopolitiques. Ensuite ce sera au tour du Conseil exécutif de l’Union, constitué des Ministres des Affaires Etrangères qui procèdent à l’élection des huit Commissaires de la Commission que la conférence des chefs entérinera à l’issu d’un huit clos.

Après la mise en place de notre commission, nous allons maintenant nous réorganiser et mettre en place la meilleure gouvernance de la gestion de l’Union Africaine. Je voudrais profiter de votre micro pour, du fond du cœur, saluer mon cher ami le Président Ali Bongo qui est un grand Président. Aussitôt après les résultats, il est allé féliciter le Président Jacob Zuma. Je voudrais féliciter au même moment Madame Zuma ; lui souhaiter plein de succès et une bonne chance dans la mise en place de la gouvernance de la gestion de l’Union Africaine. Je voudrais également féliciter mon cher aîné le Président Jean Ping qui n’a pas démérité… Le Président Ping a pu s’en sortir et défendre le continent tout au long de son mandat. Il a consacré sa vie à notre commission et aux affaires africaines. Depuis qu’il a commencé sa carrière diplomatique avant d’aller présider l’Assemblée générale des Nations Unies au nom du groupe africain et pour finir en apothéose à la tête de notre commission. Je voudrais m’appuyer sur votre canal médiatique pour lui transmettre les félicitations du Président Yayi Boni, Président en Exercice de l’Union Africaine.

Quel sera le futur agenda de l’Union ?

Président Yayi Boni : Nous avons un agenda extrêmement important. Nous venons de résoudre le problème crucial, l’élection d’une nouvelle Présidente après un suspens de 6 mois… A Cotonou, j’ai réuni trois sommets, d’abord un sommet informel, puis deux autres sommets avec le groupe des 8 Etats membres chargés de définir les modalités de la désignation du président de la Commission de l’Union Africaine. Nous avons pensé, face au manque de compromis, qu’il fallait qu’on procède au vote pour désigner le Président de la Commission. Donc le droit à prévalu sur le compromis. Comme quoi l’Afrique est de retour avec l’Etat de droit.

Quelles seront les priorités de la Madame Zuma à la tête de la commission de l’Union Africaine ?

Président Yayi Boni : Ecoutez vous pouvez aller poser cette question à Madame Zuma, mais je crois que les défis sont nombreux. Ma vision en tant que président de l’Union Africaine est de maintenir l’idéal de l’Union du continent. Madame Zuma devrait travailler autour de cet idéal. C’est pourquoi je vous ai indiqué que c’est toute l’Afrique entière qui a gagné. Car quand le continent est uni, il parle d’une seule voix et c’est à ce moment que l’Afrique pourrait relever les défis du futur. Et ces défis, vous le savez bien, commencent à partir de maintenant ; à l’heure où notre continent est le seul à afficher une croissance relativement forte de 6% en moyenne. Nous devrons consolider notre union, en renforçant la paix, la sécurité, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, en mettant fin à l’impunité, en instaurant la culture de l’obligation des résultats. En réactualisant les comptes et sur cette base, nous allons pouvoir lancer les chantiers suivants, importants :
+ Le renforcement du programme intégré
+ Le développement de l’agriculture avec en toile de fond la réalisation de la sécurité alimentaire indispensable pour notre continent.
+ La mise en place des infrastructures qui doivent relier nos économies, nos pays, nos peuples, avec comme objectif de préparer une zone africaine de libre échange, parce que l’Afrique doit pouvoir échanger avec elle-même.

L’Afrique doit parler à elle-même. Nous avons d’autres chantiers liés aux pandémies telles que la transmission du SIDA de la mère à l’enfant. Nous devons parvenir à empêcher cela et nous avons mis sur pied une équipe de haut niveau qui travaille sur ce point précis. Parce qu’aujourd’hui, 400 000 enfants africains sont atteints du SIDA du fait de la transmission de la mère à l’enfant. Nous sommes aussi entrain de travailler sur l’éducation sur le volet technique et professionnel afin de permettre à notre jeunesse de régler la question du chômage. Bref, je voulais en définitif vous dire que maintenant que nous avons notre bras opérationnel en action, nous allons travailler à relever les défis pour permettre le repositionnement du continent afin d’en faire le premier pôle de création des richesses pour alimenter maintenant ce monde à court de croissance économique.

D’aucun on qualifié cette rencontre d’Adis Abeba de sommet de l’antagonisme. Etes-vous êtes soulagés à titre personnel au terme de l’élection des membres de la commission particulièrement de celle de la Présidente ?

Président Yayi Boni : C’est une excellente question mon cher jeune frère. Lorsque je dis que c’est l’Afrique tout entière qui a gagné, j’aurais pu dire que, c’est moi qui ai plutôt gagné. J’ai donc voulu faire preuve d’humilité, j’attendais que vous les journalistes que vous me reconnaissiez cela. Parce que si on n’avait pas pu trouver une issue ce soir (NDLR, le jour de l’élection) et bien je serai sorti complètement seul, c’est-à-dire personne ne m’aurai suivi, donc je serais complètement dévalué. Vous comprenez bien que je suis absolument soulagé, content de ce résultat de cette issue ; car l’Afrique demeure unie.

Propos recueilli par Rodrigue Fénelon Massala /Les Afriques 

 

 

 

Bona

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L'actualité africaine n'a pas de secret pour moi. Toujours à l'afflux, je ne loupe rien.


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